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Lettre aux adhérents # 12

Juin 2006

Chers amis,

Les projets que nous avions mis en route ont bien avancé : le dispensaire attend maintenant l’homologation des services publics pour pouvoir fonctionner pleinement, mais dors et déjà les médecins proposent leur aide à une population en manque de soins.

Les bénévoles accueillies cette année ont fini leur mission et seront remplacées dès novembre
Nous avons choisi de vous raconter quelques épisodes forts de ces six derniers mois.

Stéphanie

 

Actualité

 
MERCI ENCORE A TOUS LES PARRAINS POUR LEUR GENEROSITE, nous avons aussi pu choisir avec Marie, Nathalie et Stéphanie des petits cadeaux supplémentaires pour certains. Si vous voulez faire plaisir à votre filleul (le) nous vous déconseillons d’envoyer des colis qui se font le plus souvent voler, envoyez plutôt un petit plus avec votre adhésion annuelle et un mot explicatif. Certains donnent leurs cadeaux à Stéphanie lors de ses retours en France, mais elle ne peut plus l’accepter n’ayant plus de place pour ses propres bagages.

 

EN JANVIER, LES ENFANTS SONT VENUS L’UN APRèS L’AUTRE, mais plus souvent tous à la fois réclamer le kit de rentrée scolaire que vous leur offrez en début d’année : chemises, chaussettes, chaussures, fournitures etc.
A tel point que pour un temps Caminos ressemble plus à un magasin de vêtements ! Un grand moment de bonheur ... pour eux, mais plus compliqué pour nous !
LA FIN DES VACANCES SCOLAIRES a été agréablement accueillie par la vingtaine de jeunes de 16 à 19 ans que nous avons emmenés en camping.
Inderba, le club de sport de Barranca, ayant mis à notre disposition les vélos et les casques dont nous avions besoin, c’est à bicyclette et à l’aube que nous sommes tous partis.

Quelle joie alors de retrouver Eladio, qui comme de coutume s´affairait à cuisiner un Sancocho au feu de bois dont chacun s’est avidement régalé. L’après midi s’est partagé entre plusieurs activités : mise en place des équipes, baignade dans le lac, canoë...
Après le sport, pas de réconfort ! Ou tout du moins pas tout de suite ! Ferney, étudiant en droit et sociologie, a organisé un atelier visant à ce que les jeunes examinent d’un oeil critique la situation du barrio et leurs projets futurs ;
Mais la nuit a fini par tomber... et les tentes (une pour les filles, et une autre pour les garçons, évidemment !) sont montées à la hâte... aussi !
Une fin de nuit... en déplacement forcé ! Ne parle-t-on pas d’une pluie menaçante ? Ici, il s’agit plus d’un déluge menaçant... tant et si bien que nos tentes (enfin sur pied) se trouvaient être évidement sur la trajectoire des coulées du rio qui viendraient se former dans la nuit... Et c’est ainsi que, chacun muni de notre petit balluchon, nous sommes tous allés nous réfugier dans le réfectoire, une sorte d’immense toit de paille fixé sur quelques troncs d’arbres... perchés sur des tables, calés sur des bancs... et passer notre douce nuit…
Le dimanche, les activités étaient variées et le programme chargé ! Stéphanie a organisé une course de canoës et de natation ... remportée... il faut le dire... haut la main par l’équipe d’anim’s : nous ! des balades à cheval etc.
Ils étaient heureux.
Mais puisque toutes les bonnes choses ont une fin, c’est la tête remplie de souvenirs, et le corps couvert de coups de soleil que nous sommes rentrés à la maison, à vélo bien sûr !

 


Départ de Barrancabermeja à vélo avec une vingtaine de jeunes

 


Les tentes sont montées à la hâte

LES MARDIS-MYTHES DE MARIE VONT BON TRAIN et prennent chaque semaine des allures différentes. Il s’agit de raconter aux enfants et aux jeunes les mythes et les légendes de Colombie qui font partis de leur culture
Les jeunes n’hésitent pas à se déguiser et réservent l’effet de surprise à la fin pour faire pousser des cris de terreur aux enfants captivés par notre conteur officiel, « el brujo », (= le sorcier) soit Edwin ; nous avons également eu le plaisir d’accueillir des conteurs professionnels venus spécialement pour l’occasion
 

Les aides en Colombie

 
L’ASSOCIATION A DéJà 5 ANNEES D’EXPERIENCES… avec elle des soutiens réguliers se sont affirmés.
On peut par exemple toujours compter sur Tico, dentiste, pour venir nous prêter main forte lors des campagnes de santé ; Alfredo qui nous met toujours à disposition sa station de radio ; la boulangerie Sonia qui nous donne systématiquement du pain pour nos activités, les commerçants qui commencent à nous reconnaître… à force de venir quêter leur collaboration… et les médecins qui nous offrent souvent des consultations.

De là, l’idée de s’adresser directement aux Barranquenois. La raffinerie d’Ecopétrol gonflée de gros salaires qui pourraient certainement nous venir en aide…
Une façon d’avoir d’autres sources de fonds, mais également de faire prendre conscience à certains de la réalité. Il m’est en effet arrivé, et plus d’une fois, d’être amenée à parler de l’association avec des personnes étrangères au projet. Certains Barranquenois ignorent littéralement la situation de toutes ces familles. Ne soupçonnent pas qu’existe le Barrio Arenal, sont incapables de le situer, et ne

 

 s’imaginent pas les conditions dans lesquelles vivent … leurs voisins !

L’objectif final de Stéphanie, n’est il pas de laisser un jour Caminos aux mains de cette communauté devenue autonome ?

Nous avons donc organisé une première réunion de présentation de l’association. Marie s’est chargé de faire le design de la carte d’invitation, Nathalie et Luis de les distribuer et d’élaborer un diaporama, tandis que Stéphanie aidée de tous les jeunes de l’association ont confectionné de grands panneaux expliquant chacune des activités réalisées par l’association : sport, culture, santé, éducation,…

Beaucoup de travail de préparation, moins de spectateurs que prévus, mais certains très importants pour l’association. Nous en concluons quand même que les français sont plus généreux. Nous finissons notre soirée avec quelques adhésions en plus, une nouvelle bénévole pour l’association (Liliana) et des médecins intéressés.

MI MARS, L’ASSOCIATION CAMINOS DE ESPERANZA A éTé HEUREUSE ... et soulagée, d’accueillir la première collaboratrice salariée de l’histoire de l’association !
En avant première Liliana... (mentionnée plus haut comme bénévole) ou la perle tant attendue !

Liliana aura travaillé avec nous pendant deux mois, elle va reprendre ses études et laisse sa place à Octavio que vous connaissez peut être déjà puisque c’est l’entraîneur de foot depuis 4 ans. Cela change la vie de Stéphanie qui peut déléguer beaucoup de tâches : vérifier que la maison d’accueil soit en ordre, ranger et ordonner tout le matériel de la maison, surveiller le travail des jeunes avec les enfants, organiser des activités, etc., c’est en fait un peu l’homme à tout faire qui ne se fatigue jamais et en demande toujours plus.

 


Liliana, la première salariée de l'Association

LE MOIS DE MARS A éTé MARQUE PAR UNE AUTRE ARRIVéE… ou plutôt le retour d’Akbar ; bénévole de l’an dernier. Venu partager seulement deux petites semaines avec nous.

Un bon ami attendu avec impatience par bon nombre du barrio !
Profitant du retour d’Akbar, nos bénévoles ont jugé bon de l’exploiter comme il se doit en organisant une chasse au trésor géante dans le barrio.

Le thème choisi : celui des mythes que travaille Marie avec les enfants depuis quelques mois. Histoire de faire des révisions pour certains… des découvertes pour d’autres.

Akbar
Akbar, de retour pendant 2 semaines est très attendu par les enfants

 

Caminos de EsperanSalud

 
LE DISPENSAIRE ANNONCE DEPUIS LONGTEMPS A ENFIN OUVERT SES PORTES !
Terminés les papiers chez le notaire, les attentes interminables, les batailles des prix.
Composé d’une salle d’attente et de deux salles de consultation (dentiste, médecine générale, gynécologie et pédiatrie) chacune d’elle dotée d’une salle de bain, le tout à l’étage, au dessus de ce qui sera un jour la pharmacie dont ils ont tous besoin à l’Arenal, Cardales et ailleurs …
Pour le moment, le dispensaire n’est pas encore dans son état de fonctionnement final mais nous a permis d’y faire plusieurs campagnes de santé avec les enfants des quartiers proches : déparasitage, dépouillage, visites médicales, contrôle avec le dentiste, cours pré natals …
Bientôt il sera reconnu établissement public. Patience…

 


Le dispensaire de santé de Caminos de Esperanza

L’ASSOCIATION CAMINOS DE ESPERANZA S‘EST REJOUIE D’ACCUEILLIR ODILE, médecin Gynécologue venue mettre sa formation au service du barrio pendant 15 jours.
Elle a donc partagé son temps entre visite des familles, petite conférence éducative et préventive à la maison d’accueil et visite médicale au dispensaire.
Bien entendu elle n’a pas manqué de patients (et pas seulement des femmes !), Stéphanie était à ses côtés pour faire les traductions et peut maintenant donner beaucoup de réponses aux problèmes qu’ont les femmes.

Il faut alors préciser que le service de santé réservé aux pauvres est tout à fait inefficace, et nous croisons des enfants souffrant terriblement d’infections, pour ne pas avoir eu les moyens de se voir administrer quelques points de sutures …
La plupart des maladies que détecte Odile reflètent de la mauvaise hygiène, d’une mauvaise alimentation mais aussi d’un manque d’éducation.
Merci donc Odile pour votre temps, votre patience et votre générosité, les familles vous ont énormément appréciée, à bientôt…


Les conférences organisées donnent lieu à un échange face à des problèmes qu'ont les femmes
 

Activités

 
GRAND MOMENT DE BONHEUR DANS LE BARRIO… LE JOUR DES ENFANTS !
Que des bonnes raisons pour mettre nos petits amis à l’honneur. Et ici, rien n’est plus merveilleux que de passer la journée à la piscine.
Tout s’est bien passé…
Personne ne s’est noyé, nous n’avons oublié aucun enfant dans la piscine, il y avait de quoi manger pour tous… et c’est encore Eladio qui a fait la cuisine.

 

 

CETTE ANNéE, POUR LA TROISIèME ANNéE CONSéCUTIVE, NOUS AVONS PARTICIPE à LA « COMPARSA DE BARRANCA ». L’occasion pour tous les groupes de danse de la ville de défiler fièrement devant le regard mi-envieux, mi-admiratif de ceux restés sur les trottoirs des spectateurs.
Il s’agit alors de vous faire comprendre l’importance que revêt cette manifestation dans le cœur des Barranquenois … l’essentiel de la culture s’exprime au travers de la danse en Colombie.
Bref, notre comparsa entendait représenter le barrio Arenal… connu essentiellement de ceux qui y habitent ! Une façon toute artistique de nous faire connaître, l’association et le barrio.

C’est sous la direction d’Esneider que 40 jeunes du barrio se sont entraînés durant plusieurs semaines…


Nathalie, en tête du défilé du groupe de danse de l'Association
Nathalie en tête du défilé, équipée de ces fameuses bolas de fuego.
Stéphanie étaient là pour les motiver et les encourager pendant tous ces kilomètres !Et, les efforts portant leurs fruits : nous avons remporté le second prix ! soit 500 000 pesos ! (170 €) et des murmures de trottoirs emplis d’admiration
De quoi nous autoriser une sortie piscine avec les jeunes. C’est fou cet effet que produit l’eau… Tout à coup, ces jeunes confrontés depuis parfois une longue décennie à des problèmes qu’on appelle communément « d’adultes » se sont découverts comme de vrais mômes… de ceux qui claquent des dents en répétant qu’ils n’ont pas froid…
De quoi également faire face à nos dépenses… plus matérielles celles-ci.
En effet, si l’association n’entend pas « donner du poisson, mais apprendre à pêcher », les jeunes étaient alors chargés
de participer à des activités visant à récolter les fonds nécessaires à la confection des costumes. Restait alors la moitié des frais à récolter, près d’un demi million de pesos. Une vraie fortune pour des gens qui vivent, ou plutôt survivent au quotidien quelques pesos en poche.
L’occasion de leur faire prendre conscience que tous unis dans l’effort, ils sont capables d’atteindre des sommets.

 

NOUS AVONS ALORS PARTICIPE AU « FESTIVAL DU DULCE », deux jours durant lesquels toutes les mamans s’affairent en cuisine pour vendre des confiseries de papayes, de mangue, d’arequipe, de coco, de la crème de flageolets, de yuca, de fraise… tradition de la Semaine Sainte où les familles partagent ce qu’elles cuisinent.
Les nôtres, inspirés par Stéphanie proposaient des confitures de : papaye-orange, mûre-citron, pomme-ananas, fraises, goyave-banane etc.

Nous avons également organisé un bazar, et c’est le cas de le dire : ce fut un bazar !
L’activité en elle-même consiste à proposer différentes présentations artistiques, spécialités culinaires, des jeux, et le soir venu, lorsque les enfants vont se coucher, organiser une petite fête.

 


Vente de confiseries traditionnelles préparées par les mamans du barrio

 

 

Maintenant, laissons place à la pratique :
A pied à l’aube Nathalie et Esneider ont arpenté trois jours durant les allées des marchés quémandant leur participation aux commerçants!
Autant dire que pour espérer faire des bénéfices en vendant Sancocho, Tamales, empanadas… mieux vaut se débrouiller pour se faire offrir les ingrédients.

Mais la bonne volonté ne suffisant pas au succès, restait la publicité !
Les jeunes aussi ont dû se lever dès 3 heures du matin pour faire la cuisine mais dans une très bonne ambiance.
Là encore nous sommes partis faire la tournée des émissions de radio, contacter des chaînes de télévision locale qui ont tous répondu présent. Une vraie solidarité !
Dommage que les Barranquenois n’aient pas encore cette même logique… ou redoutent-ils encore le barrio peut être dangereux pour eux. Toujours est il qu’ils ne se sont pas aventurés jusque là…

De notre coté, l’activité s’est déroulée tout doucement. Tout s’est vendu petit à petit.
Un concours d’aérobic animé par Steph et Nath, suivi d’une performance de reggaeton dansé en couple par des enfants qui parfois n’étaient même pas en âge de savoir lire !
Le « fameux groupe de danse de l’UNIPAZ » est même venu nous faire une démonstration de leur talent, sous le regard médusé de dizaines de petits curieux !

Une fois encore, si le résultat obtenu n’était pas celui attendu, il a eu le mérite de motiver nos jeunes vers un but commun et de faire descendre dans notre petit trou de l’Arenal les équipes de télévision.

 

 


Nathalie et Esneider ont arpenté trois jours durant les allées des marchés


Les chaînes de télévision locales et les radios ont répondus présent


Les jeunes préparent la maison d'accueil en vue des festivité

Stéphanie aide à la préparation des dulces
 

 

CETTE ANNéE, ET CE DEPUIS LE MOIS DE FéVRIER ONT DEBUTE LES COURS DE VALLENATO. Le Vallenato est LA musique locale par excellence !
Composée uniquement d’un accordéon, d’une percussion, d’autres instruments typiques et d’une voix.

Notre professeur s’appelle Carlos et il a beaucoup de patience avec ces enfants qui font plus de bruit que de musique ! Il y également des cours d’échec pour les enfants qui ont du mal à se concentrer, le prof, Octavio bien sûr !

 

 

 


Situation de catastrophe


 
MI-MAI TOUT D’UN COUP, EN DEUX JOURS, C’EST LA PANIQUE, L’EAU MONTE et trop vite. Les familles se retrouvent perchées sur des bouts de bois, le barrio est une vraie piscine mais bien sale, nous sommes inondés !
Cette fois ci, ces petits ponts suspendus ne suffiront pas aux petites inondations habituelles
L’eau monte, s’infiltre partout, pénètre dans les cabanes de bois qui abritent nos voisins, le courant se fait plus fort…
De retour de Bogota, Marie et Nathalie n’en croient pas leurs yeux…
Les enfants loin d’être traumatisés par les événements trouvent, au contraire, très excitant l’idée de rester dormir à … Caminos !
Et oui, parce que si les organisations aux noms prestigieux, aux financements internationaux font souvent grande impression… il semble qu’ils aient été absolument incapables de faire face à l’humanitaire d’urgence : aucune organisation n’a eu la réactivité nécessaire pour venir en aide aux populations défavorisées dans ce moment critique… On accusera la lenteur de la bureaucratie, les travers de l’administration… et, pourquoi pas, la corruption?...

Toujours est il que face à plus de 400 personnes à évacuer, les seuls qui aient répondu présent avant que la situation n’empire, avant que les mères de familles viennent réclamer des soins pour des enfants infectés par l’eau sale, ou mendier quelques kilos de riz pour nourrir les enfants … c’est nous ! avec les véhicules de la défense civile.
Plus de 50 personnes venues trouver refuge à la maison… des femmes, des enfants, des vieillards, des futures mamans, des nourrissons…
Tous accueillent Nathalie et Marie à l’unisson, et leur font visiter ce qui fût un temps leur maison, leur chambre…
Nathalie découvre rapidement que toute la maison est très organisée : sa chambre est à la fois la nursery et le quartier des femmes enceintes.

Yolima, indubitablement la plus proche de la date fatidique a le privilège de dormir dans un lit et l’ordre de ne rien faire, les autres femmes et leurs enfants dorment sur des matelas étendus à même le sol.
Le « bureau » est la chambre qu’on réserve aux vieillards, tandis que de celle de Marie part toute la logistique nécessaire à la vie de communauté. Y sont entreposés les marchés achetés par Caminos : des kilos de riz, de lentilles, des flageolets, des pâtes, des boites de thon, des couches, du dentifrice… du papier toilette…
Bref, le nécessaire pour manger et rester propre. Tous les objets de valeurs sont également entreposés là bas… on ne sait jamais…
Nous organisons une journée de dépouillage.
Avec toutes ces eaux contaminées, les enfants ont été soumis à de vrais bains de culture…
Des médecins viennent donner des consultations à la maison.
Les secours arrivent lentement…..

L’association prend donc en charge plus de 50 personnes venues trouver refuge dans la maison, ainsi que 150 femmes, enfants, vieillards qui ont été orientés vers le collège Primero de Mayo.
Là bas, personne ne s’inquiète des vivres dont ils ont besoin, des soins qu’il faut prodiguer aux enfants, des matelas qu’il faut leur distribuer…
Caminos organise de grandes soupes populaires au sein du barrio, apporte de quoi vivre au collège, bataille jour après jour avec la mairie, le secrétaire de santé… pour qu’ils nous aident.
Les médias ne tarissent pas d’images catastrophiques… l’aide attendue tarde beaucoup !

L’armée intervient enfin ; et nous remet 12 marchés à distribuer aux sinistrés. A condition de bien les choisir… 12 marchés…. Des centaines de familles… Nous voilà obligées de « sélectionner ». Pire, le commandant insiste pour nous accompagner dans la répartition, soit ; mais nous découvrons rapidement que c’est pour garder une trace filmée des dons de l’armée.
Ces lamentables sachets de riz et de lentilles vont donc « justifier un budget ».
Le commandant, de bonne foi tout de même, nous apprend que tout le bataillon qu’il a déplacé avec lui doit servir à aider les familles à étaler de la terre dans les maisons encore embourbées, pour surélever leur niveau.
« Le problème, c’est qu’ils n’ont pas d’argent pour acheter de la terre ! » a alors répondu Stéphanie surprise de cette initiative dénuée de bon sens.
… Un reflet de la crise sociale que traverse ce pays…
C’était amusant tout de même d’être « escortées » de deux militaires pour saluer une famille que nous voyons souvent.


La rue principale du Barrio Arenal est complètement inondée


L’eau monte, s’infiltre partout, pénètre dans les cabanes de bois qui abritent nos voisins, le courant se fait plus fort…


Malgré 50 cm d'eau sur leur terrain, les enfants continuent à jouer au football


Plus de 50 personnes venues trouver refuge à la maison… des femmes, des enfants, des vieillards, des futures mamans, des nourrissons…


L’armée intervient enfin [...], c’est pour garder une trace filmée des dons.

 

 

FIN MAI, CAMINOS DE ESPERANZA ET LA PAROISSE ONT ORGANISE LA FêTE DES MERES avec 170 mamans. Au programme une messe, suivie de diverses présentations de danses, plusieurs lectures de poèmes, quelques cadeaux, et un bon repas ! Nos mamans sont rentrées, la nuit était déjà tombée, et pour la plupart avec leur part de dîner gardé soigneusement au chaud pour mieux la partager avec leur famille restée à la maison.

ENFIN NOUS VOILA AU SEC…
Marie s’est absentée quelques jours… je suis seule à la maison … enfin presque !
Et oui, me voici dotée d’une nouvelle colocataire : la jolie Yolima, 17 ans, maman d’un petit Deiby d’un an et demi, arrivée à Caminos au tout début des inondations, obligée de quitter une maison… ou plutôt la piscine, marre de boue, lit du rio où elle vivait… l’eau lui chatouillait le nombril d’un ventre déjà bien rebondi !
J’apprends beaucoup de ce passage de la vie que la plupart des femmes me décrivent comme le plus beau ; Stéphanie m'explique qu’à peine maman, elle ne souhaite qu’une chose : recommencer ! Elle me dit que ces mois de grossesse sont des moments magiques durant lesquels grandit une harmonie avec son enfant…
J’écoute Dona Maria, accoucheuse, me conter ses expériences.
La péridurale est un mot bien savant, trop compliqué pour elle qui ne se souvient plus combien d’enfants sont venus au jour entre ses mains… elle a même accouché seule de son dernier ! Recluse en campagne au moment fatidique, sans voisins à proximité, elle n’a pas eu d’autre solution ! Yolima commence à s’inquiéter ! Elle ne sent plus le bébé depuis hier... L’hôpital loin de me rassurer m’alarme encore plus. C’est sale. La poussière des travaux en cours est à l’air libre. Rénovation de quoi ? Mieux vaudrait tout casser et offrir des services de santé digne de ce nom…enfin…

 

 

Ce qui me rassure un peu, et c’est affreux à dire, pire à vivre, mais c’est que je sais pertinemment que les « gringos » bénéficient toujours de traitements de faveur, de soins particuliers… et moi, j’entends que Yohan ait ce qu’il y a de meilleur…
Les examens durent toute la journée, Stéphanie (appelée en renfort) presse un peu les médecins… et nous rassure
Notre petit Yohan est enfin né mais d’une césarienne qui s’est passée sans encombre… et vous savez, il est incroyablement mignon !

 
Yolima, 17 ans, enceinte et obligée de quitter sa maison à cause des inondations se réfugie dans la maison d'accueil jusqu'à son accouchement

 

LES RUES ONT SECHE depuis déjà une bonne semaine. Les familles ont rétabli leur vie de tous les jours : les « recycleurs » peuvent à nouveau pousser leurs lourdes carrioles vers « la ville » et ramasser leur ‘pain’, les pêcheurs attendent encore un peu la décrue du rio… « trop d’eau, disent ils tristement les pieds au sec… pas de poisson ».

 

Si le mondial a commencé, la saison de foot à Barranca aussi !
Et l’organisation des championnats, la logistique que cela implique avec le transport, les rafraîchissements, le moral des troupes … ne manquent pas de sérieux ; l’effervescence qui a accompagné la répartition des nouveaux maillots de foot a annoncé une saison placée sous le signe des rebondissements ! La division 14 est même dotée de deux filles : Karen et Keila, qui se défendent aussi bien que ces messieurs.

NOUS VOICI EN JUIN, 10 mois déjà séparent Stéphanie de son dernier départ pour la France. Les enfants ont tellement changé ! Philippine est désormais capable de tenir à elle toute seule une conversation et en deux langues s’il vous plait ! Tandis que Kanuma, s’il ne rivalise pas encore en bavardage avec sa soeurette, excelle en petits pas ! Marche, court, et danse déjà, depuis qu’il a un an.
Nathalie a décidé de rester trois mois de plus pour terminer son mémoire, aidée par différentes organisations travaillant avec les réfugiés de Barrancabermeja. Quant à Marie elle va tenter sa chance à Bogota !
Mi juin, Baptiste, ancien bénévole revient lui aussi voir ses amis de l’Arenal, il est très vite mis dans l’ambiance avec Octavio qui le fait travailler depuis l’aube jusqu’au soir tard.

L’ANNéE DERNIèRE, ALIX ET HENRY éTAIENT VENUS RéALISER UN FILM pour Caminos de Esperanza, nous avons pu le voir avec tout le quartier, la maison était pleine à craquer, remplie de rires et de fierté de se voir à la télé ! Ce film est parfois diffusé en France pour des réunions, il nous aide à récolter des fonds. Si vous souhaitez le recevoir, vous pouvez nous contacter au siège de l’association.


Stéphanie avec Yohan, le nouveau né de Yolima

 

Projets pour 2007

 
Nous voulions aussi vous faire part de nos nouveaux projets pour 2007 :
• Un mini bus qui nous permettrait d’économiser beaucoup de transports en taxi et en bus (accompagnement aux match de foot pour les 60 enfants, hôpital, sorties, cas d’urgence etc.)

• Une école de danse (sur le terrain où devait être construit le dispensaire) ouverte gratuitement aux enfants des bidonvilles mais

payante pour les autres. Nous n’aurions besoin que de 4 murs, de toilettes et de ventilateurs et de quelques meubles pour ranger !

• La chapelle est en cours de construction en face de la maison d’accueil grâce à une donation plus que généreuse, merci à cette personne ! et nous pensons aussi utiliser l’espace libre de la chapelle en dehors des cérémonies pour une cantine pour les enfants les plus malnutris.

 

Nous vous souhaitons de bonnes vacances, merci à tous les généreux donateurs, à ceux qui prient pour que cette œuvre grandisse dans le bien et aussi à tous ceux qui nous apportent leur aide. De notre côté nous essayons de faire notre possible et pardon si, parfois nous pouvons vous décevoir.

Nathalie et Stéphanie


 
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