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Lettre aux adhérents #
11
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Janvier 2006
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Chers amis,
La vie de
l’association a bien changé depuis notre dernière lettre!
A commencer par l’arrivée d’Aurélie, notre bénévole Belge, qui se
défend bien d’être « Belga » ! Eh oui, ici aussi les blagues
fusent concernant nos voisins !
Suivie de peu par Marie, l’artiste du groupe qui nous promet de
laisser des traces « colorées » et enfin de Nathalie.
Chacune d’elle a
eu droit à l’accueil chaleureux et curieux propre aux habitants du
Barrio... Quelques pas de Salsa, une grande bolée de San Cocho (la
spécialité culinaire de la région, qui ressemble étrangement à un
pot au feu exotique où se noient yucas, plantains, papas... et
autres douceurs...), une goutte d’Aguardiente, à quoi le pastis
n’a heureusement rien à envier... et en route dans cette grande
aventure !
Stéphanie
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La note de Nathalie
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Aventure qui
commence, comme chaque matin par les séances consacrées aux
devoirs... et qui, trop souvent se résume à s’assurer que les
enfants parviennent à déchiffrer les petits symboles dont sont
remplis leurs livres.
Certains
enfants montrent un intérêt particulier à cet exercice... tant et si
bien que Nathalie s’est vue donner leurs premiers cours de français
aux enfants. Quelle fierté
de pouvoir saluer leur « professeur » dans sa langue natale !
Le plus difficile, mais, par chance, le moins
fréquent, consiste à « re »-donner le goût aux plus âgés de
rattraper leur retard... Pas évident lorsque personne n’a pris le
temps de leur expliquer l’importance de savoir lire et écrire...
encore moins évident lorsque cet entraînement consiste à dévoiler
leurs faiblesses devant les plus jeunes...
Des séances de cours particuliers se sont donc mises en route...
Puis... fin novembre... enfin les grandes vacances
tant attendues !
Les bons élèves ont eu droit, comme de coutume, à leur matinée de
gloire, transformant le quotidien routinier du Barrio en une ruche
où bourdonnaient niños, niñas, parents amis... tous vêtus de leurs
plus beaux apparats... en route pour « el graduado » !!
La cérémonie de remise des diplômes, sur le modèle américain, a
récompensé les petits écoliers de leur assiduité au travail.
Très pompeux, frôlant l’ennuyant... mais quel plaisir de voir nos
petits protégés saluer fièrement un à un, chacun de leurs
professeurs, et redescendre majestueusement les quelques marches qui
les séparaient encore du commun des mortels, leur diplôme entre les
mains !
Les vacances entamées... les séances de rattrapage
scolaire aussi! Et ici, comme ailleurs, les enfants ont en horreur
les devoirs de vacances... Mais avec persévérance et imagination les
choses avancent : Marie se démène et parvient à transformer cette
corvée en une partie de franche rigolade ! N’est-ce pas grisant de
prendre en dictée, à l’ombre de notre manguier, (et au pinceau s’il
vous plait !) l’histoire qu’elle nous conte chaque matin ?!?
évidemment, les vacances à Caminos ne se limitent pas
à assommer les enfants de règles de grammaire, et d’exercices de
style... les vacances... restent des vacances !
L’occasion pour nos trois graines d’animatrices de se décarcasser
lors d’une chasse au trésor géant... Laquelle d’entre elles aura
l’agilité à la mesure de son imagination pour aller glisser entre
deux branches de « palo de coco » l’énigme clé ?...
L'opportunité pour les enfants ... en peine face à
leurs livres de cours... d’apprendre à déchiffrer un message à
l’envers !!!... Si c’est pas rigolo de se broyer les cervicales et
de se creuser le ciboulon pour donner un sens à l’étrange message
peint dans les tubes qui serviront... un jour peut être... d’égout !
Bref, malgré leurs efforts, rien n’est parvenu à
ralentir l’enthousiasme des enfants qui d’un bond se projetaient à
la cime des arbres, sautillaient sur les toits... creusaient... à la
recherche du trésor... pourtant bien enseveli sous la cancha de
football !
Les activités ludiques et sportives se sont
enchaînées... permettant, les après midi durant, aux enfants de
sortir de la monotonie du quotidien : sortie piscine, projection de
films, parties de foot géantes, confection de « perros calientes
»... et non, Aurélie... ce ne sont pas des chiens !! (Hot dogs)
A l’approche de Noël quelques ateliers manuels ont
permis à nos trois bénévoles d’occuper un moment l’esprit des
enfants... à eux de revenir fièrement, babioles entre les mains, à
la maison... et participer à leur manière aux décorations de Noël.
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Moment de détente pour Nathalie
accompagnant Philippine

La géographie en… peinture, par Marie

Un jeu bien connu des petits français : « la tomate » |
Début décembre, l’association a organisé un évènement au parc
infantile. Nos trois bénévoles ont été bien surprises de voir
l’armée en charge du son, et la police venir équipée d’un château
gonflable ! ... qui à leur plus grand désespoir, était réservé aux
enfants de moins de 12 ans... Mais nous sommes en Colombie... et les
corps armés sont tous équipés d’une cellule sociale !
Quelques groupes de l’université sont venus nous faire profiter de
leurs talents musicaux : tambours, rock... tandis qu’Esneider, le
professeur de danse de l’association, avait spécialement élaboré
quelques chorégraphies que les filles... un peu stressées par leur
public... ont complètement mélangées !!
Mais... la musique et le rythme coulant dans leurs veines... les
erreurs n’ont été vues que par nous...
Quelques groupes de danse « moderne »... à savoir de Break Dance et
de Hip Hop sont venus ajouter une touche « alternative » au show, et
la journée s’est finalement conclue par la projection en plein air
et sur écran géant s’il vous plait de « Los niños invisibles »
Dommage que les tamales, San Cocho et poulet au riz qu’une dizaine
de femmes se sont appliquées à préparer dès 4.00 heures du matin à
la maison de CAMINOS... (pour le plus grand plaisir des filles
évidemment !) n’aient pas eu le succès escompté. Mais cette journée
a eu le mérite de faire parler de nous à la télévision, à la
radio... et de permettre à chacun de s’exprimer ! |

Préparation de la kermesse avec l’aide de
l’armée

Vente de
tamales par Marie |
Il y a quelques semaines, l’association a eu le
plaisir d’accueillir le « Loco Circo de la Vida ».
(www.lococircodelavida.com)
Rencontrée au hasard d’un San Cocho dégusté sur le pavé, cette
troupe d’une vingtaine de personnes venues d’Argentine, d’Espagne,
des USA et bien entendu de Colombie a tenté et non sans succès
d’apporter une touche de rêve, un brin de farce et une bonne dose de
facétie au barrio.
Quelle agitation ! Clowns, marionnettistes, musiciens, jongleurs,
équilibristes, cracheurs de feux ont enivré, le temps d’une soirée,
les yeux des enfants. et des plus grands !
Heureusement que le jongleur de couteaux a pris le
soin de les échanger subrepticement par des massues avant de les
faire voltiger autour de sa victime aux yeux bandés ! Pas intérêt à
avoir le vertige perché sur les épaules du mono cycliste, qui paré
de son gros nez rouge n’inspirait pas toute confiance !... Quel
spectacle toutes ces boules de feux qui, sur le rythme des tambours,
nous entraînaient dans leur transe ! Pour l’occasion la chaîne
locale a spécialement fait le déplacement... une chance pour eux de
présenter leur projet de cirque social... pour nous, de nous faire
connaître encore un peu mieux... et oui, nous sommes avides de
célébrité !!
Dès mi-décembre, tout Barranca s’est transformée
en ville lumière : illuminée de ribambelles de loupiottes, troquant
les airs de salsa pour des chants de Noël, et semant aux fils des
patios, bambis lumineux, pingouins chantonnant, ou pères noël
articulés...Barranca Bermeja... ou le monde de Barbie... Si cette
année la neige n’est pas venue, la pluie aussi a commencé à nous
bouder... rendant le quotidien encore plus ... ‘caliente’ ! |


Déguisements pour la fête des enfants |
Comme chaque année dans le barrio, la période de
Noël est le temps où se soulignent les contrastes. Difficile de voir
les étals se bourrer de jouets, de jeux et gadgets en tous genres
que les enfants des beaux quartiers déballeront en choeur le ventre
en paix... tandis que...
N’avons-nous pas entendu, une fois encore, le triste refrain des
mères de familles désolées de ne pas pouvoir offrir à leurs enfants
le festin dont ils ont envie ? Mais si les
enfants de Colombie ne connaissent pas tous la même chance, la «
novena » (neuvaine) de Caminos, entamée comme il se doit neuf jours
avant les festivités, a compté cette année 150 enfants du barrio,
venus chaque jour tenter de saisir un peu mieux le sens religieux,
par trop négligé, de cette fête que célèbrent des millions de
fidèles de par le monde. Une manière toute
colombienne de préparer Noël, qui, à grand renfort de chants, danses
et prières a égrainé le temps qui précède la « Navidad ».
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Quel spectacle fascinant de contempler ces
centaines de frimousses chanter en choeur, taper des mains... et
dévorer avec avidité le petit « dulce » dont ils étaient récompensés
en partant ! Les 30 enfants les plus sages ont même eu le privilège
de composer la chorale de la dernière messe de « novena », celle du
24 décembre, animée par le père Jaime, à même la rue, devant la
maison. Les plus grands, costumés des pieds
à la tête ont bien voulu se déguiser, pour l’occasion en bergers,
rois mages... et composer la crèche vivante de cette messe, un peu
hors du commun. Et devinez quoi ? Marie s’est portée volontaire pour
être... Marie ! Décision qu’elle a peut-être regretté un instant,
ensevelie sous quelques épaisseurs... ihih !!
Réunissant parents et enfants, cette célébration a été l’occasion
pour ces familles par trop éclatées de partager un moment à
l’unisson. |
Dès mi-décembre, tout Barranca s’est transformée en
ville lumière : illuminée de ribambelles de loupiottes, troquant les
airs de salsa pour des chants de Noël, et semant aux fils des
patios, bambis lumineux, pingouins chantonnant, ou pères noël
articulés...
Barranca Bermeja... ou le monde de Barbie... (lol)
Si cette année la neige n’est pas venue, la pluie aussi a commencé à
nous bouder...rendant le quotidien encore plus ... ‘caliente’ !
Comme chaque année dans le barrio, la période de Noël
est le temps où se soulignent les contrastes. Difficile de voir les
étals se bourrer de jouets, de jeux et gadgets en tous genres que
les enfants des beaux quartiers déballeront en choeur le ventre en
paix... tandis que... N’avons-nous pas entendu, une fois encore, le
triste refrain des mères de familles désolées de ne pas pouvoir
offrir à leurs enfants le festin dont ils ont envie ?
Mais si les enfants de Colombie ne connaissent pas tous la même
chance, la « novena » (neuvaine) de Caminos, entamée comme il se
doit neuf jours avant les festivités, a compté cette année 150
enfants du barrio, venus chaque jour tenter de saisir un peu mieux
le sens religieux, par trop négligé, de cette fête que célèbrent des
millions de fidèles de par le monde.
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Une manière toute colombienne de préparer Noël, qui,
à grand renfort de chants, danses et prières a égrainé le temps qui
précède la « Navidad ».
Quel spectacle fascinant de contempler ces centaines de frimousses
chanter en choeur, taper des mains... et dévorer avec avidité le
petit « dulce » dont ils étaient récompensés en partant ! Les 30
enfants les plus sages ont même eu le privilège de composer la
chorale de la dernière messe de « novena », celle du 24 décembre,
animée par le père Jaime, à même la rue, devant la maison.
Les plus grands, costumés des pieds à la tête ont
bien voulu se déguiser, pour l’occasion en bergers, rois mages... et
composer la crèche vivante de cette messe, un peu hors du commun. Et
devinez quoi ? Marie s’est portée volontaire pour être... Marie !
Décision qu’elle a peut-être regretté un instant, ensevelie sous
quelques épaisseurs... ihih !!
Réunissant parents et enfants, cette célébration a été l’occasion
pour ces familles par trop éclatées de partager un moment à
l’unisson. |
Enfin Noël !
Et à Caminos, plus qu’ailleurs, cette fête donne prétexte à remettre
à chaque enfant un cadeau, souvent le seul paquet dont ils seront
gâtés !
Autant dire que Noël ce n’est pas une mince affaire !
Equipées d’une hotte en plastique, armées de leurs
plus beaux sourires, accompagnées de quelques amis, les trois filles
sont parties sillonner les rues de Barranca, quémandant au passage
aux boutiques, échoppes, et étals quelques « regalitos » pour les
enfants de l’Arenal.
« Buenos Dias, nosotros pertenecemos a la asociación Caminos de
Esperanza que trabaja con los niños del barrio Arenal, y mañana
organizamos una actividad con ellos por la Navidad. Y por eso
necesitamos de conseguir 150 regalos. Puede ayudarnos con eso?”
(Bonjour, nous appartenons à l’association Caminos de Esperanza qui
travaille avec les enfants du quartier Arenal, et demain nous
organisons une activité avec eux pour Noël. Et donc nous avons
besoin de 150 cadeaux. Pouvez-vous nous aider ?)
Quelle surprise pour elles de découvrir alors avec
stupéfaction la générosité dont ont fait preuve les commerçants !
Parties chercher 150 cadeaux, ce sont les bras chargés de plus de
200 jouets, vêtements, chaussures... qu’elles sont revenues !
L’occasion pour nous toutes de passer une nuit blanche à jouer aux
petits lutins du père noël : agenouillées entre des montagnes de
cadeaux, le ruban entre les dents, et le scotch au bout des doigts,
nous avons peu à peu empaqueté et étiqueté les fruit de nos efforts,
de papier de soie multicolore.
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Le 24 au matin... contrairement à l’ordinaire, les
enfants ne sont pas arrivés à 9.00 h passées, en traînant des pieds
pour le rattrapage scolaire, mais étaient tous sur le pied de
guerre, tambourinant à la porte, dès 8.00 h ! L’excitation était
palpable !
Une énergie digne d’un matin de Noël se dégageait de cette horde de
petits impatients que, seuls les efforts de Stéphanie, sont parvenus
à calmer.C’est alors un par un qu’ils sont
venus chercher le cadeau qui leur était destiné, qu’ils ont déballé
en vitesse tout en dégustant le bol de chocolat chaud dans lequel
ils plongeaient leurs « buñuelos » ! Mmmm !! Quel délicieux Noël !
Lucena s’est tellement démenée qu’elle est partie
chercher à Bucaramanga des centaines de sacs à dos, cahiers et
stylos que la « governacion » avait spécialement mis de côté pour
nous ! De quoi équiper une bonne partie des enfants de leurs
fournitures scolaires.
Tant et si bien que c’est le coffre de sa voiture rempli des
dizaines de paquets restants que nous sommes allées jouer au père
noël, cette fois dans les barrios alentours. Puis après le moment
des enfants est venu le temps des parents.
Pour la circonstance, chacun s’est doté d’un nouvel ensemble qu’il a
étrenné le soir venu. La rue s’est peu à peu transformée en un
défilé de mode, tandis que les maisons, d’ordinaire très bruyantes,
ont tenté de se confondre en boîte de nuit !
La fête a duré jusque tard le (sur) lendemain...
Chantant, Buvant, Dansant... Viva Colombia !!! |
Quelques jours plus tard, le Nouvel An.
Et... tradition locale oblige, les filles aidées des enfants de
Caminos ont, sur le modèle de leurs voisins fabriquées « el muñeco
del año nuevo » de Caminos.
Une sorte de poupée géante dont le pantalon et la chemise étaient
bourrés de sciure de bois et de pétards. Ses deux yeux globuleux
montés sur ressorts lui ont valu le prénom d’Esneider. On se demande
pourquoi !!
Enfin minuit ! Esneider le muñeco s’est alors embrasé, ajoutant au
chaos ambiant un feu de joie, accompagné d’une réelle pétarade que
les enfants, jamais en mal de faire du bruit, se sont empressés de
relayer en faisant griller à leur tour des pétards faisant l’effet
de vraies bombes. Soudain ; des dizaines de petits bras qui, d’un
bond, se jetaient sur nous, de grandes accolades, des rires, de
l’espagnol, du français... beaucoup de n’importe quoi !
Nath |

Bienvenue en
2006 !
« Feliz Año Nuevo, Feliz Año Nuevo...
et à vous aussi!” |
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La
note d'Aurélie
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Comme vous pouvez le constater, nous sommes très
occupées !!
Dernièrement ce qui nous a pris un temps fou... c’est vous !
Et oui, comme chaque année, la récolte des cartes
pour les parrains n’a pas été des plus simples !
Cela consiste à sillonner le barrio équipée d’un appareil photo et
d’une liste d’enfants à la main ! Pas moins de cent familles à
dégoter ! Reste à tomber dessus du premier coup ! Enfin... mission
accomplie !!! Et ce, après trois semaines !
Mais cela ne nous a pas empêchées d’accompagner
certaines familles le matin dans leur travaux quotidiens... et
souvent les moins agréables : le recyclage et la collecte des
desperdicios.
Le recyclage consiste à sillonner la ville dès 6.00 h du matin à la
recherche d’un bout de carton, de plastique usagé (mais pas trop
sale) ou bien encore de bouteilles en verre.
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Par la suite, rendez-vous à la décharge afin de trier
tout cela durant environ 4 ou 5 heures pour la modique somme de 3
euros pour 3 personnes. Pour les desperdicios c’est le même
combat... passer de porte en porte afin de récolter les restes de
nourriture pour les cochons. Mais pour moi, mon travail préféré,
c’est d’accompagner le petit Edwin vendre des cocadas (petites
sucreries à base de noix de coco) qui lui permettent de manger tous
les jours mais qui l’empêche de participer aux activités (sortie à
la piscine, projection de films, questions pour un champion, jeux à
la cancha, chasse au trésor, etc)
En tous les cas, toutes ces personnes sont très
attachantes et je vous remercie de les aider comme vous le faites
car elles en ont vraiment besoin...
Aurélie
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La note de
Stéphanie
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Hola !! Comme vous le
constatez les filles prennent bien le relais et heureusement !!
Kanuma et Philippine grandissent mais je ne sais pas encore lequel
d’entre nous a le plus besoin de l’autre !!
Si vous venez nous rendre visite, vous aurez
également le plaisir de vous asseoir à la table du « Café Français »
que nous venons d’ouvrir avec Eladio, et dont nous avons déjà de
bons échos. ... N’est ce pas un signe lorsque les concurrents
viennent à votre table ?
Je tourne donc entre l’association, mes cours de
français et notre restaurant le soir et je ne vous cache pas
qu’après cinq ans de travail avec Caminos nous sommes bien contents
d’avoir aussi un projet bien à nous et pour notre famille. Mes
journées ne sont pas de tout repos mais j’ai de la bonne main
d’oeuvre et tout marche super bien. Je me suis chargée d’assurer le
relais de cours de catéchisme entamé par Holmes (un jeune que nous
aidons pour ses études). |
En effet, comme chaque année, Caminos de Esperanza
propose aux enfants qui le souhaitent de faire leurs premiers pas
dans la religion catholique par le biais du Baptême, et de la
Première Communion. Le plus jeune a 1 an... et l’aîné frôle la
majorité. Tous les après midi à deux heures, j’ai donc rendez vous
avec eux pour leur lire la Bible, leur apprendre et leur expliquer
les prières et les préparer de façon plus intense pour qu’ils soient
bien prêts à recevoir le sacrement avant la rentrée scolaire début
février. Mais les grandes vacances touchent
à leur fin, et avec elles la rentrée des classes. Cette année, j’ai
décidé de changer d’approche ; au lieu de remettre à chaque parent
la somme nécessaire à l’achat des uniformes et de l’inscription au
collège, je me charge d’aller moi-même directement dans les écoles,
et inscrire nos petits parrainés. Il me reste encore à faire faire
les nouveaux uniformes qu’ils étrenneront bientôt grâce à notre
voisine Arelis qui confectionne toute la couture pour Caminos de
Esperanza .!! |
Et la grande nouvelle, comme nous vous l’annoncions
dans le courrier de l’association, est l’achat d’un dispensaire.
En effet celui-ci devait initialement être construit en face de la
maison d’accueil, mais un projet d’Ecopetrol serait de racheter tout
le quartier d’ici quelques années. C’est pour l’instant à l’état de
projet, mais dans l’hypothèse où cela se réaliserait, il serait
dommage de voir disparaître un bâtiment pour lequel nous recherchons
des fonds depuis plusieurs années.Avec
l’aide du prêtre de la Paroisse nous avons recherché soit un autre
terrain, soit un bâtiment et la Providence faisant toujours
parfaitement les choses, nous avons trouvé un dispensaire presque
neuf mis en vente depuis peu par un médecin et sa femme dentiste qui
ne veulent plus travailler à leur compte mais désirent travailler
avec des hôpitaux.
Quelle merveilleuse aubaine !
Nous avions rassemblé 30 000 euros et la vente du
bâtiment était proposé à 20 000 euros, ce qui nous permet avec les
10 000 euros restant d’équiper tout le dispensaire avec du matériel
approprié pour des médecins spécialistes et généralistes (dentistes,
gynécologues, ophtalmologues...), une pharmacie, un bureau, un
ordinateur imprimante...
Nous recherchons des entreprises de santé qui
acceptent de travailler avec nous sous forme de contrats. En
attendant, nous pourrons utiliser les lieux plus adaptés pour les
campagnes de santé que nous organisions déjà dans la maison
d’accueil.
Nous tenons à remercier chaleureusement tout ceux
qui, par leur générosité, ont contribué à cette mise en œuvre,
nécessaire pour des gens souvent mal reçus à l’hôpital ou ne se
soignant pas du tout par manque de moyens.
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vue extérieure du
futur dispensaire de santé
Maintenant je peux déléguer une bonne partie des
impératifs aux bénévoles qui, très différents les uns des autres,
apportent chacun une touche personnelle à la vie de l’association.
Cette année, Aurélie est définitivement la plus
raisonnable et la plus rationnelle.
Si elle sert souvent de réveil matin pour nos deux marmottes, elle
est aussi toujours prête à faire ce que je lui demande... et avec le
sourire s’il vous plait : laver les grandes « ollas » de Sancocho,
faire le tour de 100 familles en deux jours pour récupérer les
lettres aux parrains qu’elle s’est empressée de taper à
l’ordinateur... |
Marie est décidément l’artiste qu’il nous fallait.
La tête dans les nuages... et le coeur sur la main.
Les enfants découvrent grâce à elle une nouvelle façon de
s’exprimer... Qui aurait eu l’idée d’apprendre à écrire en peignant
?Et enfin, Nathalie... est carrément la
fofolle du groupe ! Mais cette énergie est transmise de façon
positive aux enfants qui à grands renforts de chaussettes bourrées
de sable apprennent à manipuler les fameuses « cadenas de fuego »
devant lesquels ils restent médusés ! Qui sait ? Y a-t-il un
spectacle de cirque en prévision ? On doit lui reconnaître la
qualité d’épicer les activités des enfants de son grain de folie !!
Avec ces échantillons, la vie de groupe n’est pas
toujours facile.
Les filles doivent apprendre du barrio, de leur entourage et
d’elles-mêmes.
Très autonomes cette année, nous organisons régulièrement des
réunions qui nous permettent à
chacune de nous recadrer et d’organiser les activités de la semaine.
Aurélie nous quittera bientôt... et avec elle un équilibre que nous
avions trouvé. Les départs sont toujours difficiles, pour moi comme
pour les familles du quartier qui s’attachent très vite aux
bénévoles. |

moment de repos privilégié avec Kanuma |
Nous vous
souhaitons une très bonne et sainte année 2006, merci de votre
soutien et de votre générosité.
Que Dios les
bendiga y otra vez muchas gracias.
Stéphanie
Rodriguez Peix alias la mona.
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