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Lettre aux adhérents # 9

Décembre 2004 - Février 2005

Chers amis,

Plus de main d’œuvre en Colombie mais pas plus de lettres aux adhérents, ne vous inquiétez pas, nous sommes toujours là, avec les enfants, et nous travaillons plus que jamais.

Nous sommes arrivées de France avec ma sœur Mathilde le 17 août, les jeunes sur place s’étaient bien occupés de l’association pendant notre absence d’été.

Stéphanie

Scolarité

Tous les jours nous faisons travailler les enfants à la maison d’accueil de 09h00 à 11h00 et de 15h00 à 17h00 ; ils sont nombreux à ne pas avoir d’aide de leurs parents. Dans les écoles où ils étudient, beaucoup de maîtresses sont incompétentes et ne s’intéressent pas aux élèves qui ont des problèmes. Souvent les enfants arrivent en CE2 sans savoir ni lire ni écrire.

Les enfants ont été en grandes vacances pendant les mois de décembre et janvier, nous les avons laissés se « reposer » quelques temps et avons repris les soutiens scolaires tout le mois de janvier pour ceux qui ont le plus de retard. Tous ceux qui sont venus régulièrement faire leurs devoirs à la maison ont eu les félicitations des professeurs et nous sommes fiers de voir leurs progrès.

Nous avons aussi organisé des activités (chasse au trésor, jeux, films etc.) pour éviter qu’ils ne soient trop dans la rue et pour essayer de les occuper de manière intelligente.

Nous avons passé tout le mois d’octobre, novembre et une partie de décembre à visiter les familles du quartier pour que les enfants écrivent des lettres à leurs parrains et nous les avons pris en photo chez eux dans leur famille. Cela représente beaucoup de travail ; de loin cela peut paraître facile mais le ‘barrio’ est grand, il faut marcher des kms sous 40°, parfois avec la poussette de Philippine qui s’enfonce dans des débuts d’inondations et des personnes qui nous arrêtent tous les 5mn pour nous parler de leurs problèmes.

Avec Mathilde et Estelle nous essayons de faire au mieux et le plus vite possible, j’espère que vous pourrez comprendre et que vous nous pardonnerez cette lenteur.
Nous avons tout envoyé sur Internet, nous espérons que vous avez tous reçu des nouvelles de chacun de vos filleuls.
J’en profite pour rappeler aux parrains de l’année 2004 que vous pouvez renouveler votre soutien en envoyant 60 euros à l’association pour permettre à votre filleul de poursuivre ses études. Si vous avez des difficultés ou si vous ne souhaitez pas continuer à parrainer merci de nous prévenir le plus vite possible car de nouveaux parrains attendent et nous devrons attribuer les enfants en cours de parrainage en priorité par rapport à de nouveaux enfants.

Je souhaite aussi partager avec vous les échecs, ce n’est pas pour vous décourager d’aider les enfants mais au contraire pour que vous compreniez mieux leurs difficultés.


Remise des diplômes du passage en 6eme


Famille de Sore Montero

Sur 80 enfants en âge scolaire, 5 doivent redoubler :
  • Maria Isabel a eu la varicelle et a donc manqué plusieurs semaines de classe ; injustement ses profs lui ont fait perdre toutes ses matières pendant son absence, j’étais en France à cette époque et je n’ai donc rien pu faire.
     
  • Esthela Viviana car sa maman la fait travailler tous les matins, pour ramasser dans les rues les matériaux recyclables ; elle n’a donc pas le temps de bien faire ses devoirs.
     
  • Danny Cardozo : sa maman part souvent de Barranca et la laisse chez sa grand mère qui se sert d’elle pour aller chercher des « desperdicios » dans les rues et ne veut pas nous l’envoyer à la maison d’accueil.
 
  • Wendy Tatiana : sa maman a 9 enfants et ils n’ont pas tous les jours de quoi manger, donc ils prennent du retard à l’école ; des anciens de Point Cœur lui ont offert il y a quelques semaines deux machines à laver le linge qu’elle peut louer tous les jours dans le quartier et ne plus se soucier de ses problèmes financiers.
  • Carlos, n’a pas eu son Bac ; son papa est atteint d’un cancer depuis plusieurs années, nous l’aidons souvent pour des médicaments ou des rendez-vous à Bucaramanga mais c’est Carlos qui doit travailler pour acheter ce dont ses parents ont besoin pour vivre ; depuis cette année il a aussi une femme qui est enceinte de 8 mois.

 3 enfants n’étudient plus avec Caminos de Esperanza :

  • Yessica Sampayo, elle a 13 ans et nous avons eu beaucoup de problèmes avec elle cette année, elle partait tous les soirs de chez elle travailler dans des bars de prostituées, elle a même eu un « mari » ! Nous lui avons donné tous les meilleurs conseils du monde et elle veut maintenant reprendre ses études.
  • Carlos Yvan : nous avons dénoncé son papa qui l’a enfin reconnu comme son fils et étant médecin, donc avec des moyens, il a pour obligation de lui payer ses études et une mensualité ;
     
  • Yurley Segovia, son papa l’a emmenée de force à Bucaramanga mais elle souhaite vraiment que nous continuions à l’aider à distance.
Les étudiants

Sur 22 jeunes à l’université, 18 autres ont tous réussi leur semestre, ils réalisent la chance qu’ils ont de recevoir une aide aussi importante et ne veulent absolument pas la gâcher, nous aurons bientôt,grâce aux parrains, des professeurs, maîtresses, infirmiers(es), ingénieurs, modistes, journalistes etc.
Les 4 autres sont obligés d’arrêter d’étudier avec Caminos de Esperanza :

 
  • Helbert et Cesar sont partis 2 semaines à Bogota, pensant que la vie serait meilleure là-bas et qu’ils pourraient y trouver facilement du travail ; ils sont partis avec l’argent de l’association qui aurait dû leur payer 4 mois de cours et sans me prévenir bien sûr ! Ils regrettent maintenant de ne pas m’en avoir parlé et de ne plus faire partie de l’association, ils ont leur Bac mais aucun diplôme et recommencent à la case départ.
     
  • Yeimi : étudiante pour être ingénieur a disparu depuis plusieurs mois, personne ne sait où elle est, en tout cas on sait qu’elle ne va plus à l’université. Nous pouvons tous prier pour elle.
  • Arnoldo : un élève sérieux ; nous aidons beaucoup sa famille, mais il m’a menti plusieurs fois, ne s’est pas inscrit là où il aurait dû et a dépensé le reste de l’argent pour s’acheter des affaires dont il avait besoin. En plus de cela il a été très grossier avec moi me disant qu’il faisait ce qu’il voulait de l’argent que ses parrains lui envoyaient, qu’il n’avait pas de comptes à me rendre etc.... Croyez bien que cela me déçoit et m’attriste, car c’était avant tout un ami que je souhaitais aider et c’est difficile de se faire traiter de cette façon quand on essaye de faire au mieux.

Activités

Le club de foot Caminos de Esperanza est enfin monté sur le podium de la ville de Barrancabermeja.
Le championnat municipal s’est terminé au mois de novembre, il y avait beaucoup d’équipes mais nos petits gars ont lutté et la catégorie des 12 ans a obtenu la troisième place, celle des 10 ans est arrivée quatrième.
Nous sommes fiers, et beaucoup d’autres équipes et entraîneurs nous respectent.

Bravo à Octavio et à Eladio pour leur travail sportif avec les enfants cette année, peut être l’année prochaine serons-nous premiers ? !


Octavio, John et Pipe avec le trophée de l’équipe et les nouveaux ballons

Notre petit groupe de danse folklorique lui aussi commence à se faire connaître, les filles (une trentaine) ont déjà fait plusieurs représentations dans la ville. Elles apprennent des danses typiques de Colombie, leur professeur de danse, Esneider, est un jeune que l’association aide pour ses études universitaires.
J’apprends aussi avec elles pour remplacer Esneider quand il n’est pas là mais je n’ai évidemment pas le déhanchement colombien comme elles !

Nous avons monté deux groupes de musique folklorique, 8 jeunes et 8 enfants qui apprennent à jouer (gaita, sorte de musette, 3 tambours différents, genre djembe tam tam, maracas etc) et à chanter. Leur professeur de musique est aussi un jeune que nous aidons pour les études universitaires en échange de son temps passé avec les enfants.


Préparation d’une partie des filles avant une représentation de « cumbia »

Le 23 octobre comme tous les ans nous avons organisé une fête déguisée pour les enfants du quartier.
Ils ne sont pas venus très nombreux, juste 200 !! mais nous avions l’aide des jeunes pour organiser des concours de danse, des tenues, animer la fête et partager le goûter


Yan Carlos, Elvis, Brian, Daniela, Kelly, Luz Estela et Angelica
avec leurs costumes de papiers, cartons et sac.

Le 08 décembre, jour de l’Immaculée Conception était aussi le jour des Premières Communions ; nous avons accompagné les enfants du quartier à recevoir ce Sacrement si fondamental.
En Colombie, l’apparence est très importante et tous les enfants doivent louer des tenues pour la journée.


Lenys, Estelle, Keila et Kelly à la sortie de la messe.

Le 15 janvier nous avons organisé une sortie à la piscine avec les garçons du club de foot, ils le méritaient bien !

Nous n’oublions pas les filles avec qui nous ferons une autre sortie plus tard.

 


Les enfants sont infatigables, après la piscine, jeux organisés par les jeunes.

Actualité


Fin octobre, il pleut beaucoup dans le sud du pays
et cela commence à se faire sentir dans nos quartiers.


L’eau monte très vite et toutes les rues qui longent le fleuve sont inondées avec leurs maisons. Les familles s’y habituent et attendent que l’eau descende.

Noël

Comme tous les ans nous avons organisé une neuvaine avec les enfants du quartier, ils viennent nombreux, à peu près 150. Tous les jours nous prions avec eux et les préparons à cette belle fête, et c’est enfin le grand jour, où les « Pères Noël » Caminos de Esperanza arrivent avec leurs nombreux cadeaux.

 


La crèche de la maison d’accueil.

 

                
         Petit déjeuner de Noël, buñuelos et chocolat chaud                                 Maria et Camila accompagnant les chants de Noël à la guitare.
 

Notes des bénévoles français en Colombie

Cela fait 4 mois que je me suis intégrée à la vie du barrio Arenal.  J’apprends à vivre plus simplement avec mes mains et surtout avec mon cœur.  Les enfants du barrio m’apportent une joie et un amour infinis, lesquels me donnent l’énergie de vivre cette fabuleuse expérience.  Leur gaieté et générosité me font bien souvent oublier la misère à laquelle ils sont malheureusement confrontés.  Je m’étonne un peu plus chaque jour de cette chaleur humaine enivrante.

Estelle Ziegler

Voilà déjà une semaine que nous sommes colombiens.  La pauvreté quotidienne du bidonville côtoie le sourire éternel des « niños », l’un obscurcissant l’avenir des enfants, l’autre illuminant la vie du barrio.
Musique, rires et chaleur rythment nos journées, nous nageons dans le bonheur.

Akbar Nanji et Baptiste Violi

Voilà déjà 6 mois que je suis ici et finalement je vais rester presqu’un an.
Les enfants sont tous plus attachants les uns que les autres, les gens accueillants et chaleureux vous apprennent à écouter, à partager et à aimer.
J’aime beaucoup faire travailler les enfants, j’apprends à être patiente car la plupart ont du retard et des difficultés, et il faut savoir aussi les féliciter, jouer avec eux, suivre leurs progrès scolaires et les encourager à continuer.
Ce qui me fait de la peine, c’est de voir des enfants parfois de 4-5 ans qui doivent mendier ou vendre des choses dans la rue tous les jours et qui rentrent souvent tard le soir une fois que tout est vendu.
Quand ils reviennent avec des invendus ou de l’argent qui manque,ils se font battre. Ils sont toujours très contents lorsque je leur propose de les accompagner. Bref, des activités variées et enrichissantes, un quartier où l’on ne s’ennuie pas, et des sourires par milliers. Je ne regrette pas d’être venue, et j’en garderai des souvenirs inoubliables. Je ne sais pas quand je pourrai revenir ensuite, mais je reviendrai c’est sûr.

Mathilde Peix


Mathilde avec la famille de Nelly le jour de l’anniversaire de Nelly
(couverte de farine selon la tradition)

 

Merci à tous de votre soutien et de votre générosité, les enfants ici en ont bien besoin.
J’apprends, de loin, toutes les initiatives entreprises pour nous aider ici à construire un monde meilleur : concert de musique classique, bols de riz, conférences, cadeaux de mariage « détournés » à l’intention de l’association, conférences,bien sûr fidélité des parrains et tant d’autres choses que j’oublie certainement. Merci à chacun d’entre vous !

Nous espérons pouvoir commencer d’ici peu le dispensaire, pour lequel vous avez aidé à rassembler des fonds importants qui nous permettent de nous dire que ce ne sera bientôt plus un rêve mais une réalité. Nous attendons toujours le permis de construire ; le père de la paroisse s’en occupe puisque c’est à la paroisse qu’appartient le terrain.
Continuez donc de bon cœur !

Je vous souhaite à tous, un peu tard, une très bonne et sainte année 2005, « que Dios les bendiga y les colme de bendiciones ».

Stéphanie Peix Rodriguez.


 
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